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Musique pour piano

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Issue d’une famille bourgeoise, Cécile Chaminade bénéficia dès sa formation musicale auprès de Benjamin Godard, du soutien de compositeurs tels que Saint-Saëns et Chabrier. Après quelques essais de composition plus ou moins fructueux dans différents genres (musique de chambre, un ballet, un concerto…) elle se tourne assez vite vers le piano et compose ainsi près de deux cents opus pour l’instrument ainsi qu’une centaine de mélodies qui relèvent spécifiquement de la musique de salon. C’est une petite poignée de ces pages pour piano que l’on (re)découvre à l’écoute de ce disque signé du pianiste anglais Mark Viner et qui vient compléter les enregistrements de Peter Jacobs (Hypérion) de Johan Blanchard (MDG) et de Johanna Polke (Steinway&Sons). Musique de salon certes mais qui dégage un charme certain sous les doigts de Mark Viner au jeu perlé, délicat, virtuose sans trop en faire. On oublie la proximité géographique et stylistique des Debussy, Ravel (et ceux cités plus haut) pour s’inviter dans ce salon bourgeois si bien tenu. Chaminade connaît ses classiques (plutôt Liszt, Schumann, Mendelssohn) et se les approprie avec ce qu’il faut de détachement (Études de concert op. 35, Romances sans paroles op.76). Si l’Arabesque op. 61 à la mélodie surannée a peu à voir avec du Debussy, l’influence de Chabrier est prégnante un peu partout. Viner déroule avec flegme et élégance le flux volubile de cette musique pudique, évocatrice et aux parfums tenaces. Une tendresse un peu superficielle (op. 76 et 127), quelques danses, un peu de folklore (Poème provençal, op. 127), une espagnolade (La Lisonjera op. 50) achèvent de nous séduire. (Jérôme Angouillant)

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