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Intégrale de l’œuvre pour orgue

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L’orgue fut pour Liszt l’instrument idéal qui lui permit d’exprimer sa foi catholique, sa ferveur religieuse, et de travailler la transcription à tel point qu’il en fit installer un dans sa résidence de Weimar. L’outil idéal aussi pour restituer un orchestre aussi bien sinon mieux qu’avec un piano. Ainsi de nombreux opus firent l’aller-retour entre le clavier du piano et ceux de l’orgue et bien d’autres furent originellement conçus pour chœur ou pour orchestre. Jouant sur un Tamburini (Pérouse) de belle facture, l’organiste italien Adriano Falcioni connaît certainement bien son Liszt pour l’avoir pratiqué en concert et en privé. Il l’aborde avec quiétude et tranquillité voire une certaine placidité, assurant aussi bien dans la polyphonie tortueuse des grandes formes (aucune fulgurance dans les deux Fantaisies et Prélude et Fugues ou le « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen »), les transcriptions de Nicolai,Wagner et Verdi, que dans les pages plus modestes (L’ordinaire de la Liturgie, les œuvres de commande et les pièces d’après Mozart, Bach et Chopin (Deux Préludes) d’une limpidité appréciable. En arpentant ce parcours riche de découvertes (Le triptyque d’après Dante, la Messe et le Requiem), on ne distingue finalement plus ce qui différencie l’œuvre pianistique séminale et son pendant à l’orgue, tant l’écriture y est fluide, idiomatique et fondatrice. De même pour les pages « orchestrales » qui sont de véritables poèmes symphoniques (CD3) où ampleur ne rime jamais avec surcharge. Le Tamburini et l’intelligence de la registration y sont pour beaucoup. Même si l’on reste sentimentalement fidèle au Liszt sulpicien et grandiose du regretté Pierre Labric (inégalé aux grandes orgues de Saint Ouen – Solstice) voire à Jean Guillou (sur un orgue napolitain), cette intégrale a le mérite de comporter, comme celle d’Oliver Vernet plus incisif (Ligia Digital), des œuvres très peu enregistrées. Du Liszt de haute volée qui forme un monument musical dédié à l’orgue. (Jérôme Angouillant)

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