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Giulio Cesare In Egitto

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« Décembre 1676. Cavalli vient de mourir, Stradella d’écrire San Giovanni Battista, Alessandro Scarlatti de fêter ses seize printemps. Quatre décennies après la fondation de son opéra public — métamorphose d’un genre né on ne peut plus privé —, Venise est à l’art lyrique ce qu’en 1930 sera Hollywood à l’art cinématographique. Et c’est là, au Teatro San Salvatore, dans une Sérénissime convertie aux intrigues amoureuses en ré mineur, aux tragiques castrats, aux travestis burlesques et, peu à peu, à l’aria qui mènera le siècle suivant par le bout du nez, qu’un certain Antonio Sartono présente son dixième dramma per musica, Giulio Cesare in Egitto. Un succès, qui sillonnera l’Italie avant de quitter la scène définitivement, vaincu à la fin du XVIIe siècle par un style nouveau et irrésistible, le bel canto.Nous découvrons une oeuvre pleine et entière, saturée de merveilles (“La speranza”, la scène finale de Tolomeo…), véloce, prolixe, urgente. – Au prix de coupes significatives quoique peu voyantes, tous les interprètes témoignent de cette urgence imprévue. Sans doute Maria Cristina Kiehr a-t-elle mieux chanté et l’instinct théâtral de Dominique Visse, doublé d’un sens musical sans défaut, butte sur les pages finales. Mais la fête n’est véritablement gâchée que par deux héroïnes anéanties, Cléopâtre et Comelia, la première sans charme ni technique, la seconde sans contrôle ni aigu. Tout le reste, le César véhément de Pendatschanska, la nourrice roublarde de Steven Cole, le Sextus chérubin d’Amel Brahim-Djelloul, la virevoltante Cetra de Bâle et le mouvement irrésistible que lui imprime Attilio Cremonesi, rend mieux que justice à ce drame chamarré. Venise 1676, sans l’ombre d’un doute, une découverte. » DIAPASON D’OR découverte (février 2006)

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